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On the Occasion of the Inaugural Volume of Živa Antika (1951)
À l’occasion de la parution du premier volume de Živa Antika (1951)
“The launch of this Journal in its present form has a particular rationale. Although it is well known that modern cultures owe many of their distinctive features to the cultural legacy of Antiquity, relatively little is known about the links between the contemporary Slavic peoples of the Balkans and the ancient cultures of Greece and Rome. It is therefore time to devote greater, deeper, and more systematic attention to this relationship. […] We shall endeavour to demonstrate to our colleagues that our countries form an integral part of the cultural world of Antiquity and, accordingly, that Antiquity in the Balkans is not something lifeless, fit only for a museum, but rather a living and inexhaustible source of inspiration for a better life, a source of both inspiration and progress.
« La création de cette revue, sous sa forme actuelle, répond à une raison particulière. S’il est bien établi que les cultures modernes doivent nombre de leurs traits distinctifs à l’héritage culturel de l’Antiquité, les liens qui unissent les peuples slaves contemporains des Balkans aux cultures antiques de la Grèce et de Rome demeurent relativement peu connus. Il est donc temps d’accorder à cette relation une attention plus grande, plus approfondie et plus systématique. […] Nous nous efforcerons de montrer à nos collègues que nos pays font pleinement partie du monde culturel de l’Antiquité et que, par conséquent, l’Antiquité dans les Balkans n’est pas une réalité morte, vouée au musée, mais une source vivante et inépuisable d’inspiration pour une vie meilleure, une source d’inspiration et de progrès.
There may be articles that do not appear fully to justify the title of the Journal, but this is no oversight. Rather, it bears witness to our intellectual independence and to our friendly scholarly competition with colleagues abroad. The study of Antiquity must engage with all questions that advance the discipline and contribute to the formation of a comprehensive picture. […] All surviving and living testimonies will demonstrate clearly and convincingly that the fruits of ancient thought and language have been inherited and widely assimilated by the peoples of today. Our task is to bring into relief, on the basis of numerous facts, both great and small, these particular relationships between our peoples and Antiquity. Perhaps we shall succeed in presenting Antiquity and our own reality as a dialectical whole, hen kai holon.”
Certains articles pourront sembler ne pas justifier pleinement le titre de la revue ; il ne s’agit toutefois nullement d’une inadvertance. Ils témoignent au contraire de notre indépendance intellectuelle et de l’émulation amicale qui nous unit aux chercheurs étrangers. L’étude de l’Antiquité doit prendre en considération toutes les questions susceptibles de faire progresser la discipline et de contribuer à l’élaboration d’une vision d’ensemble. […] Tous les témoignages vivants qui subsistent encore montreront de manière claire et convaincante que les fruits de la pensée et de la langue antiques ont été hérités et largement assimilés par les peuples d’aujourd’hui. Notre tâche consiste à mettre en lumière, à partir de faits nombreux, grands et petits, les relations particulières qui unissent nos peuples à l’Antiquité. Peut-être parviendrons-nous ainsi à présenter l’Antiquité et notre propre réalité comme un tout dialectique, hen kai holon. »
Milan Budimir
Milan Budimir
On the Occasion of the Tenth Volume of Živa Antika (1960)
A l’occasion du dixième volume de Živa Antika (1960)
Ten years have passed since the founding meeting held in Zagreb in the second half of August 1950, at which the foundations of our Journal were laid. The aims and tasks we set ourselves at the outset, as outlined by Professor M. Budimir in the introductory article to the inaugural issue, have largely been fulfilled and, in some respects, even surpassed. Živa Antika has brought together classical philologists from across our country, both younger and older scholars, many of whom have become regular contributors.
Dix années se sont écoulées depuis la réunion fondatrice tenue à Zagreb dans la seconde moitié du mois d’août 1950, au cours de laquelle furent jetées les bases de notre revue. Les objectifs et les tâches que nous nous étions fixés dès l’origine, tels qu’ils avaient été exposés par le professeur M. Budimir dans l’article introductif du premier numéro, ont été dans une large mesure accomplis et, à certains égards, même dépassés. Živa Antika a rassemblé les philologues classiques de tout notre pays, chercheurs des générations plus jeunes comme plus anciennes, dont beaucoup sont devenus des collaborateurs réguliers de la revue.
The appearance of Živa Antika attracted attention both at home and abroad, and the overall response was favourable. Thus, for example, the reviewer in the distinguished Classical Review (LXVI, 1, 1952, p. 53) expressed his appreciation by concluding with the exclamation: “Vivat Viva Antiquitas!”
La parution de Živa Antika a retenu l’attention tant dans le pays qu’à l’étranger, et l’accueil qui lui a été réservé fut dans l’ensemble favorable. Ainsi, par exemple, le critique de la prestigieuse Classical Review (LXVI, 1, 1952, p. 53) manifesta sa sympathie en concluant son compte rendu par cette exclamation : « Vivat Viva Antiquitas ! »
The response of our colleagues abroad, together with their willingness to contribute, provides clear evidence that Živa Antika has extended its reach far beyond the borders of our country. The Journal quickly established itself as an international forum for classical scholars, seeking to foster and sustain a constructive policy of international co-operation and active peaceful coexistence.
L’accueil réservé à la revue par nos collègues étrangers, ainsi que leur volonté d’y collaborer, témoignent clairement du rayonnement de Živa Antika bien au-delà des frontières de notre pays. La revue s’est rapidement imposée comme un forum international pour les spécialistes de l’Antiquité classique, s’efforçant de promouvoir et de soutenir une politique constructive de coopération internationale et de coexistence pacifique active.
Mihail D. Petruševski
Mihail D. Petruševski
The Earthquake (1963)
Le tremblement de terre (1963)
The second issue of Volume XII had only just been published and distributed when, on 26 July 1963, a devastating earthquake reduced much of our city to ruins and caused heavy loss of life. Our Seminar was severely affected, and with it our Journal. The entire book collections of our seminar libraries, together with almost the whole stock of the Journal – with the exception of the second issue of Volume XII, which had just appeared – were buried beneath the rubble. Amid this immense catastrophe, however, our department had the great good fortune to suffer no loss of life among its staff.
Le deuxième fascicule du volume XII venait à peine d’être publié et diffusé lorsque, le 26 juillet 1963, un violent tremblement de terre réduisit une grande partie de notre ville en ruines et fit de nombreuses victimes. Notre Séminaire fut gravement touché, et avec lui notre revue. L’ensemble des collections de livres des bibliothèques de nos séminaires, ainsi que la quasi-totalité des exemplaires de la revue — à l’exception du deuxième fascicule du volume XII, qui venait de paraître — furent ensevelis sous les décombres. Au milieu de cette immense catastrophe, notre département eut toutefois la grande chance de ne déplorer aucune victime parmi les membres de son personnel.
During these difficult days for us and for our department, we did not feel alone or abandoned. From the very first day of the disaster, countless colleagues from within the country and, especially, from abroad remained in contact with us by post and telegram, expressing their condolences and generously offering assistance of every kind, above all books for our library. Deeply moved by their sincere sympathy, fraternal solidarity, and readiness to help, we wish here to convey to all our colleagues our heartfelt and profound gratitude for their humanitarian concern and generous support.
Dans ces journées particulièrement difficiles pour nous et pour notre département, nous ne nous sommes pas sentis seuls ni abandonnés. Dès le premier jour de la catastrophe, un très grand nombre de collègues du pays et, surtout, de l’étranger sont restés en contact avec nous par courrier ou par télégramme, nous exprimant leurs condoléances et nous offrant généreusement toutes sortes d’aide, en premier lieu des livres destinés à notre bibliothèque. Profondément touchés par leur sincère compassion, leur solidarité fraternelle et leur empressement à nous venir en aide, nous tenons à adresser ici à tous nos collègues l’expression de notre profonde et chaleureuse gratitude pour leur sollicitude humanitaire et leur généreux soutien.
We trust that, with the material assistance and moral support of our colleagues at home and abroad, and with the understanding and support of the academic authorities and our friends at the Faculty of Philosophy and the University of Skopje, our Chair will recover relatively quickly from the wounds inflicted by the July disaster, and that our Journal will continue to appear regularly in the years to come.
Nous espérons qu’avec l’aide matérielle et le soutien moral de nos collègues du pays et de l’étranger, ainsi qu’avec la compréhension et l’appui des autorités universitaires et de nos amis de la Faculté de philosophie et de l’Université de Skopje, notre chaire se remettra assez rapidement des blessures infligées par la catastrophe de juillet et que notre revue pourra continuer à paraître régulièrement dans les années à venir.
Skopje, end of February 1964.
From the Chair of Classical Philology
and the Editorial Board of Živa Antika
Skopje, fin février 1964.
De la Chaire de philologie classique
et du Comité de rédaction de Živa Antika.
On the Occasion of the Twentieth Anniversary of Živa Antika (1970)
A l’occasion du vingtième anniversaire de Živa Antika (1970)
For more than twenty years, this Journal has published contributions both substantial and modest in scope, seeking to attract the attention of specialists at home and abroad and thereby to fulfil its principal task: to penetrate the darkness and mist of the Balkan ravines and shed light on the path along which we have advanced.
Some of the contributions may at times have been excessively erudite, perhaps too specialised, and therefore not readily accessible to a wider readership. Moreover, Živa Antika has remained primarily philological in orientation, recognising that it could not hope to encompass the entire field of Classical and Balkan Studies. Yet we may reasonably expect our younger colleagues to approach ancient culture with still greater enthusiasm and to take an even deeper interest in the Balkans, which have drawn us into the inexhaustible wealth of their treasures. Those treasures can never be exhausted, for they are a ktêma es aiei – a possession for all time.
Depuis plus de vingt ans, cette revue publie des contributions d’ampleur diverse, avec l’ambition d’attirer l’attention des spécialistes du pays comme de l’étranger et d’accomplir ainsi sa tâche essentielle : dissiper l’obscurité et les brumes des défilés balkaniques afin d’éclairer la voie sur laquelle nous avons progressé.
Certaines contributions ont peut-être parfois été d’une érudition excessive, voire trop spécialisées, et de ce fait difficilement accessibles à un lectorat plus large. En outre, Živa Antika est demeurée avant tout une revue de philologie, consciente qu’elle ne pouvait prétendre embrasser à elle seule l’ensemble du domaine des études classiques et balkaniques. Nous pouvons néanmoins raisonnablement attendre de nos jeunes collaborateurs qu’ils abordent la culture antique avec un enthousiasme encore plus vif et qu’ils portent un intérêt toujours plus profond aux Balkans, qui nous ont entraînés au cœur de l’inépuisable richesse de leurs trésors. Car ces trésors ne sauraient jamais être épuisés : ils constituent un ktêma es aiei, « un acquis pour toujours ».
Milan Budimir
Milan Budimir
On the Occasion of the Fortieth Anniversary of Živa Antika (1990)
A l’occasion du quarantième anniversaire de Živa Antika (1990)
Antiquity is not merely a chronological designation for the Greco-Roman culture towards which our scholarly interest is directed. It is far more than that. We understand the term as an emblem of the essential message embodied in that ancient world: a symbol of enduring models of practical wisdom, of the imperishable norms of culture and art, and of the foundations upon which the civilised world rests.
L’Antiquité ne constitue pas seulement une désignation chronologique de la culture gréco-romaine vers laquelle se porte notre intérêt scientifique. Elle est bien davantage. Nous comprenons ce terme comme l’emblème du message essentiel que recèle ce monde ancien : le symbole de modèles durables de sagesse pratique, des normes impérissables de la culture et de l’art, et des fondements mêmes sur lesquels repose le monde civilisé.
Nor is it unfounded to speak of Antiquity as something living. Its models and values remain with us today, serving as a mirror against which we perceive and measure the circumstances and achievements of our own age. They are enduring, and will survive for as long as there are those who remain faithful to them. Yet such heirs are not defined by birth, for the spirit of Antiquity is not inherited automatically. Its rightful heirs are those nations and cultures that preserve the ancient ideals, seek to shape their lives in accordance with them, and keep alive the flame of that spiritual hearth.
Il n’est pas davantage infondé de parler d’une Antiquité vivante. Ses modèles et ses valeurs subsistent encore aujourd’hui et nous servent de miroir, à l’aune duquel nous percevons et mesurons les réalités et les accomplissements de notre propre époque. Ils sont durables et le resteront tant qu’il existera des hommes et des cultures qui leur demeurent fidèles. Mais leurs héritiers ne sauraient être définis par la naissance, car l’esprit de l’Antiquité ne se transmet pas automatiquement. Ses héritiers légitimes sont les nations et les cultures qui préservent les idéaux antiques, cherchent à conformer leur existence à ceux-ci et entretiennent vivante la flamme de ce foyer spirituel.
It was within the glow of this ever-living flame that, forty years ago in Macedonia, new energies were awakened when Professor Mihail Petruševski founded Živa Antika. The Journal brought together many kindred spirits from our immediate surroundings, from throughout the Slavic world, and from farther afield. Over the years, Živa Antika has become a powerful voice proclaiming our faith in the ideals of Antiquity – ideals that offer us our strongest protection in times of crisis: the ideal of a life lived in freedom, and faith in the ultimate supremacy and invincibility of truth and justice.
C’est dans l’éclat de cette flamme toujours vivante que, voici quarante ans en Macédoine, de nouvelles forces virent le jour lorsque le professeur Mihail Petruševski fonda Živa Antika. La revue rassembla de nombreux esprits apparentés, issus de notre environnement immédiat, de l’ensemble du monde slave, mais aussi de pays plus lointains. Au fil des années, Živa Antika est devenue une voix puissante, porteuse de notre foi dans les idéaux de l’Antiquité – des idéaux qui constituent notre plus solide rempart dans les temps de crise : l’idéal d’une vie libre, ainsi que la foi dans la suprématie ultime et l’invincibilité de la vérité et de la justice.
Vitomir Mitevski
Vitomir Mitevski
The fortieth anniversary of a journal is, in our circumstances, an event of considerable significance. Many journals have been founded in our country, often beginning with great enthusiasm, only for most of them soon to lose momentum and disappear. Despite every obstacle, Živa Antika has remained vigorous, continuously affirming our scholarship and fostering fruitful co-operation with colleagues and institutions both at home and abroad over an exceptionally long period.
Le quarantième anniversaire d’une revue constitue, dans les conditions qui sont les nôtres, un événement d’une importance considérable. De nombreuses revues ont été fondées dans notre pays ; beaucoup ont commencé leur existence avec enthousiasme, avant que la plupart ne perdent rapidement leur élan et ne disparaissent. Malgré tous les obstacles, Živa Antika est demeurée vigoureuse, affirmant sans relâche la valeur de notre recherche et développant, pendant une période exceptionnellement longue, une coopération fructueuse avec des collègues et des institutions du pays comme de l’étranger.
There can be no doubt that Živa Antika represents a major and enduring achievement. Great achievements, like great monuments, can never be apprehended in their entirety from a single vantage point. A full assessment of Živa Antika, and of Professor Petruševski’s contribution both to its foundation and to the reception of classical culture in our country, remains a task for future generations.
Il ne fait aucun doute que Živa Antika constitue une œuvre majeure et durable. Les grandes réalisations, à l’image des grands monuments, ne peuvent jamais être saisies dans leur totalité à partir d’un seul point de vue. L’évaluation véritable de Živa Antika, ainsi que de la contribution du professeur Petruševski à sa fondation et à la réception de la culture classique dans notre pays, demeure une tâche que devront accomplir les générations futures.
Petar Hr. Ilievski
Petar Hr. Ilievski